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A la découverte de la Garonne et de son histoire

La Garonne
La Garonne
La Garonne
La Garonne
Saule de la Garonne
Saule des bords de Garonne

La Garonne est le 5ème des grands fleuve français. Elle prend sa source dans les Pyrénées espagnoles, au coeur du Vall d'Aran puis parcours 525 Km dont 478 Km en France pour rejoindre la Dordogne au Bec d'Ambès où elles constituent alors l'estuaire de la Gironde.

Ses principaux affluents sont, de l'amont vers l'aval, la Neste, le Salat, l'Ariège, le Tarn et le Lot. En rive gauche, elle reçoit les eaux des rivières gasconnes (Save, Gimone, Gers, Baïse...). L'ensemble de ce réseau hydrographique draine 1/5ème de la surface du territoire français soit prêt de 56 000 Km2.

Au niveau de la commune de Finhan, on se situe approximativement à mi-parcours du fleuve, entre Pyrénées et Océan Atlantique, au tout début du pays dit "de Moyenne Garonne" aussi appelée "Garonne Débordante".

La Garonne est un fleuve au caractère capricieux qui jusqu'à un passé récent connaissait chaque année plusieurs crues printanières. Des circonstances météorologiques exceptionnelles (fonte des neiges associée à des épisodes fortement pluvieux sur une grande partie de son bassin versant) ont provoqué des inondations historiques qui ont marqué les esprits des populations par les dégâts qu'elles ont occasionné. Les plus grandes crues de la Garonne étaient appelées par les anciens des "Aygats". La crue de 1875 a été l'une des plus catastrophiques, avec plus de 200 morts à Toulouse. La Garonne a également connu des crues historiques en 1930, 1952, 1977 et dernièrement en 2000.

Après la crue historique de 1952, 75% du linéaire des berges tarn-et-garonnaises de la Garonne ont été enrochées par les services de l'Etat afin de maintenir le fleuve dans un chenal unique. Des digues ont également été construites pour protéger les populations des inondations et pour gagner des terres agricoles fertiles jusqu'alors soumises aux crues fréquentes. Des anciens méandres de la Garonne subsistent aujourd'hui des bras morts (ou gaules) où se développe toute une flore caractéristique de zones humides.

Malgré un aménagement hydraulique du fleuve assez important, la Garonne conserve toutefois un caractère relativement sauvage, avec des paysages naturels qui contrastent avec sa plaine alluviale fortement exploitée. Le corridor garonnais est reconnu comme milieu naturel remarquable, abritant des espèces protégées. Ce patrimoine naturel fait l'objet de mesures spécifiques de protection (réseau Natura 2000).

Le peuplement piscicole de la Garonne est ainsi relativement varié : on trouve au niveau de Finhan de 20 à 25 espèces de poissons, auxquels s'ajoutent les grands migrateurs (saumon, anguille, alose, lamproie). Malgré cette richesse piscicole, l'activité de pêche de loisirs est en perte de vitesse sur la Garonne en raison d'un accès difficile et une diminution des espèces piscicoles principalement recherchées (sandres et brochets).

La Garonne héberge également toute l'avifaune des zones humides (canards sauvages, hérons, bécasseaux, mouettes, cormorans...) et constitue un axe important de passage des oiseaux migrateurs. On y rencontre également nombre d'espèces de la faune sauvage française : chevreuils, sangliers, ragondins, lapins, faisans, fouines, chouettes...

La superficie de la commune de Finhan est de 1144ha dont près de 1/3 se trouve en zone inondable de la Garonne. Longtemps ces terres régulièrement gorgées d'eau ont été valorisées par des plantations de peupliers (zone appelée "le Ramier"). Pour produire un peuplier commercialisable, il faut entre 15 et 20 ans selon des variétés implantées. Autrefois, l'économie locale s'était développée autour de la culture du peuplier et de son exploitation : fabrication d'échelles, de cageots, de charpente... Aujourd'hui, les inondations de Garonne étant moins fréquentes, les grandes cultures (maïs et vergers) ont tendance à remplacer la peupleraie qui par ailleurs est en perte de valeur économique.

La Garonne charrie au fond de son lit des graviers, des sables et des galets issus de l'érosion des Pyrénées. Cela constitue une ressource naturelle que l'Homme a utilisé de tout temps pour construire des habitations et des routes. Cela a également permis un temps de maintenir un chenal de navigation dans le fleuve, ensuite abandonné en raison de l'irrégularité des débits de la Garonne (crues, étiages sévères). Le trafic maritime s'est alors reporté sur le canal latéral à la Garonne dont la construction a pris fin en 1856, dans la continuité du canal de Midi construit en 1681 par Pierre Paul Riquet, permettant ainsi de rallier l'Atlantique à la Méditerranée, de Bordeaux à Sète. Les extractions de graviers directement en lit mineur de la Garonne ont été autorisées jusqu'en 1994 avant d'être interdites en raison des conséquences néfastes qu'elles ont eu sur le fonctionnement écologique du fleuve (enfoncement du lit et abaissement de la nappe alluviale, déstabilisation des ponts et des berges, déconnexion des bras morts...). Les gravières se sont alors développées dans la plaine de Garonne pour exploiter des veines de graviers laissées par le fleuve au cours des déplacements historiques de son lit mineur. On rencontre fréquemment ce type de plans d'eau de gravières en bordure du fleuve, entre Saint-Gaudens et Agen.

A l'enfoncement du lit mineur lié aux extractions de graviers et à l'enrochement de ses berges, s'ajoute une autre perturbation importante qui affecte le fleuve dans son fonctionnement naturel : l'étiage ou basses eaux dont la durée se prolonge un peu plus chaque année. Ce problème quantitatif majeur de la ressource en eau trouve une explication dans la combinaison d'une dérive climatique perceptible, associée à la disparition de nombreuses zones humides et à l'augmentation des prélèvements en eau (eau potable, irrigation agricole, industries).

Aussi, depuis une dizaine d'année, le débit de la Garonne est artificiellement soutenu par des lâchers d'eau depuis les lacs pyrénéens (grands lacs ariègeois, lac d'Oo, lacs du Néouvielle) généralement à partir du mois d'août, pour pouvoir subvenir aux besoins en eau et maintenir la salubrité du fleuve. Il faut savoir que c'est plus de 6 millions d'habitants qui dépendent directement de la Garonne pour l'eau potable.